Le bilan carbone de mon alimentation

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Vegan, flexitarien, carnivore, omnivore ? Quelque soit nos habitudes alimentaires, ce qui arrive dans notre assiette émet du CO2. Combien ?

Comment calculer le bilan carbone de mon alimentation ?

Contrairement au calcul précis des émissions de votre voiture et de votre logement, l’estimation de l’empreinte carbone de l’alimentation est par construction approximative. En effet, comment compter EXACTEMENT le nombre d’ananas importés par avion et tous les kilos d’asperges surgelées, etc, que vous avez mangés cette année ? Qu’est ce qui émet le plus de CO2, un agneau du Cantal, ou un agneau de Nouvelle Zélande ? L’agneau néozélandais parcourt certes un plus long voyage pour finir dans nos assiettes. En revanche, s’il a brouté de l’herbe toute sa vie, il n’est pas impossible que son bilan carbone soit meilleur que celui d’un agneau élevé en France, mais nourrit avec des aliments provenant de pays lointains (tourteau de soja brésilien par exemple). De la même façon, si une fraise de Plougastel est bien plus gouteuse qu’une fraise d’Espagne, laquelle des deux émet le plus de CO2, sachant que les serres de Plougastel sont chauffées au gaz ?

Malgré tout, faire un calcul faux par définition, c’est à dire un calcul approximatif, reste un exercice utile et instructif, puisqu’il permet de fixer des ordres de grandeur et d’agir.

Comme pour tous les calculs d’émissions de CO2, il faut connaître à la fois les quantités annuelles de ce que vous avalez, ainsi que les facteurs d’émission  de ces aliments.

Quels sont les facteurs d’émissions des différents aliments ?

Pour la France, la meilleure base de données est celle produite par l’Ademe, disponible ici. Nous ne pouvons que vous encourager à y consacrer quelques heures, afin de bien saisir toute la complexité de cet exercice, son potentiel et ses limites (toutes les recettes que vous adorez ne figurent pas dans le catalogue non plus). Pour fixer quelques repères, voici des moyennes (encore une fois, nous insistons sur la non exactitude de ces chiffres) pour 10 grandes catégories d’aliments :

La consommation d’un kilo de viande rouge (bœuf, veau, mouton) émet 12.8 kg de CO2.
La consommation d’un kilo de viande blanche (poulet, porc, lapin, volaille) émet 3 kg de CO2.

La consommation d’un kilo de poisson/crustacé péchés émet 3.5 kg de CO2.
La consommation d’un kilo de crevettes élevées émet 9 kg de CO2.

La consommation d’un kilo de fruits ou légumes de saison émet 0.3 kg de CO2.
La consommation d’un kilo de fruits ou légumes exotiques émet 2.2 kg de CO2.

La consommation d’un kilo de fromage/laitage/oeuf émet 2.7 kg de CO2.
La consommation d’un kilo de pâtes/riz émet 2.9 kg de CO2.

La consommation d’un litre de vin/bière émet 2.1 kg de CO2.
La consommation d’un litre de Jus de fruits/soda/eau émet 1.65 kg de CO2.

A vous d’arbitrer pour manger sainement et avec plaisir tout en réduisant vos émissions de CO2 !

Les émissions de CO2 de l’agriculture en France

Sur un total national de 452 millions de tonnes de CO2 pour la France (rapport Secten), le secteur agricole représente 17.9% de nos émissions. C’est le troisième poste d’émissions, juste derrière le transport routier (28%) et le chauffage de nos logements et bureaux (25%).

Pour continuer à jouir d’une alimentation saine et gouteuse, il semble plus facile de réduire en priorité les émissions de nos transports et bâtiments, pour lesquels on peut déjà basculer sur des usages électriques, qui n’émettent pas de CO2.